Certains curés ne se contentaient pas des inscriptions des naissances, mariages et décès, ils relataient également les conditions de vie de la paroisse .
En 1748 le curé François Duchier écrivait:
" Cette année, la maladie considérable qui sévit dans l'Europe sur les bestiaux depuis longtemps et qui est depuis plus de dix ans dans le royaume à augmenté ses ravages et s'est approchée de bien près de cette paroisse. Elle a entré sur la fin de l'été dans la paroisse de Pérassay, après dans celle de St Priest puis dans celle de St Saturnin où elle a fait peu de mal. Elle a paru dans un village de la paroisse de St Marien et n'a pas fait d'autres dégats. Mais il y a dans cette province qu'elle a presque toute parcourue jusqu'ici, ou elle n'a presque rien laissé. On a fait les couvrailles dernières avec des chevaux, mais on a remis des boeufs pour les labours.
Dieu veuille que je puisse mettre dans le registre de l'année prochaine que ce terrible fléau nous a laissé.
L'hiver a été rude surtout pour les fruits pendant tout le mois de Mars. Depuis le lundi gras jusqu'à la fin de la semaine de la passion il n'a pas passé une seule journée ni une seule nuit sans tomber de la neige et pendant tout ce temps la terre en a été couverte. Il est vrai que dans les pays plus chauds de la province, la neige n'y a pas séjourné de même, mais il en est tombé également.
Malgré ces grandes neiges il y a eu de la grêle même dans cette paroisse la veille de la St Jean après vèpres.
Il y a eu beaucoup de fruits qui on fait abondance de cidre, ce qui a supplée à la rareté du vin, et la difficulté de le voiturer, a fait qu'il n'a pas été cher, comme on comptait qu'il le serait. Il y aurait aussi eu beaucoup de chataignes sans des gelées du mois d'octobre.
La même maladie épidémique sur les bestiaux a ravagé la paroisse de Pérassay en entier l'année suivante une partie de celle de St Priest et la moitié de celle de St Saturnin. Elle a paru au Vernet village de cette paroisse au mois de Nov 1749, et dans les 3 domaines de ce village dont 2 sont de cette paroisse et l'autre de St Palais il n'y est resté que deux vachers. La maladie n'a pas fait d'autres dégats dans cette paroisse n'y dans les voisines. Cette maladie a aussi paru dans les environs de Boussac ce qui a jeté la consternation dans le pays et interrompu le commerce.
Les foires n'ont été rétablies à Culan et à Châteaumeillant que l'année 1752 après la maladie cessée entièrement."
Source: archives de la mairie